Lutter contre les inégalités d'accès à la santé : le point de vue du Professeur Patrice Couzigou

La Fondation Roche célébrait, cette année, son dixième anniversaire au Palais de la Découverte en présence de l’ensemble des acteurs de santé, institutionnels, professionnels de santé, associations de patients et patients.

Au cours de cette célébration la Fondation Roche a révélé son nouvel engagement. Elle souhaite désormais lutter contre les inégalités d’accès à la santé qu’elles soient d’ordre :

  • Territoriales : le risque de cancer est deux fois plus important dans le Nord Pas-de-Calais qu’à Paris ou dans le Sud de la France 1
  • Economiques : 1 français sur 3 a déjà renoncé à des soins pour des raisons financières 2
  • Sociales : à 35 ans un cadre a une espérance de vie supérieure de 7 ans à celle d’un ouvrier3.

A cette occasion, cet engagement a fait l’objet d’un débat entre 4 des membres du Conseil d’Administration de la Fondation Roche :

  • Nicolas Bouzou, économiste, dirigeant du cabinet de conseil Asterès,
  • Patrice Couzigou, professeur de médecine à l’hôpital de Bordeaux, 
  • Jean-Jacques Romatet, Directeur Général de l'Assistance Publique des Hôpitaux de Marseille,
  • Christian Saout, Magistrat, président d'honneur d'AIDES, secrétaire général du Collectif Interassociatif Sur la Santé, 

A l’issue de ce débat chacun d’entre eux a exprimé son point de vue. Nous vous présentons celui du professeur Patrice Couzigou, professeur de médecine à l’hôpital de Bordeaux.

Patrice Couzigou, interrogé sur les inégalités d’accès à la santé, relève que celles-ci existent parce que tous les individus sont différents pour des raisons génétiques et d’environnement. Et dans un contexte de vulnérabilité, s’agissant de personnes souffrantes ces inégalités s’accentuent.

A la question posée sur comment aider les personnes n’ayant pas accès à l’information qui leur permettrait de modifier leurs comportements afin de prévenir et guérir la maladie, le Professeur Couzigou répond qu’il faut les accompagner. Il faut accompagner les patients bien avant l’apparition des premiers symptômes de la maladie. Il y a un travail de prévention et de formation que la société doit faire pour aider chacun à réaliser qu’il a une part de sa santé dans les mains par rapport à son mode de vie et ses comportements vis-à-vis de l’alcool, du tabac, de la nourriture, de la pratique d’un sport. Il faut également mieux former les soignants et mieux les rémunérer afin qu’ils consacrent plus de temps à faire de la prévention. Et surtout pour le professeur Couzigou, la société doit réaliser que la technique ne fait pas tout, soigner une personne ce n’est pas soigner un organe ni une maladie.

 

(1) Source : Francim- Exploitation : Fnors. Le cancer dans les régions de France. Juin 2005

(2) Source : CSA/Europ Assistance. Baromètre Santé & Société - Europ Assistance/ CSA 2013 : 7ème vague du baromètre. 15 octobre 2013 

(3) Source : DRESS. L’état de santé de la population en France. Suivi des objectifs annexés à la loi de santé publique. Rapport 2011