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Parkinson Blues – Eve Ricard – Editions Arléa
Commençons par la fin, ce moment où l’on referme le livre d’Eve Ricard, sonné mais grandi avec l’impression d’avoir livré un match de boxe. On pense à Mohammed Ali et à son combat contre la maladie de Parkinson. Avec des mots en guise de poings, l’auteur livre tout de l’intimité de son corps-à-corps quotidien depuis plus de 12 ans contre et avec la maladie. La panique consécutive à l’annonce soudaine, « mon père est la première personne à qui je téléphone », la place qu’il faut trouver, les moments d’attente dans le service de neurologie d’un hôpital parisien, la chimie médicamenteuse, la douleur, l’insondable mystère du mal, la difficulté d’affronter le regard des autres au supermarché avec « cette lenteur de pocharde »… Une lutte mais aussi une quête portée par l’espoir fou de savoir puiser dans ses ressources intérieures la force pour « devenir invulnérable aux circonstances extérieures », un principe de vie partagé avec son frère le moine bouddhiste Mathieu Ricard auteur de la préface. Ici, pas de récit linéaire, mais une promenade à travers le temps et la maladie. Une écriture âpre dans son exactitude, ramassée dans un précipité d’émotions, sans autre artifice que celui de son art d’écrivain. Un amour des mots partagé pendant des années avec des enfants en difficulté à qui elle enseignait. Une écriture thérapie dont la mélodie - voilà le blues - vous prend aux tripes : « Ecrire ces pages a été comme une danse, comme un chant, jusqu’à m’abandonner au seul plaisir des mots, à coeur joie » dit-elle. Et pour tous, une sacrée leçon !
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