Ivan Noble, 37 ans, a décrit durant trois ans dans une chronique hebdomadaire son combat contre une tumeur cancéreuse au cerveau. Parallèlement, il poursuivait son travail de journaliste scientifique à la BBC (Grande Bretagne). Alicia Parlette, 23 ans, correctrice au San-Franscico Gate (un site web californien d’information), est atteinte d’un cancer osseux, une forme rare. Elle raconte sa découverte de la maladie, le regard des autres et ses relations avec le corps médical sur le site Internet du journal. Ces deux espaces d’expression personnelle sur internet, communément appelés blogs, suscitent un succès d’audience inattendu et un flot de témoignages. (Voir les sites www.news.bbc.co.uk et www.sfgate.com/alicia/)
Écrits à la première personne, ces récits ne sont pas une description a posteriori d’une victoire sur la maladie mais les blogs de deux malades racontant la maladie au quotidien, avec ses doutes et son avenir entaché d’incertitudes. Éloignés de toute tentation d’exhibitionnisme, marqués par la sincérité et les émotions, ces « reality blogs » rencontrent un large écho. Malades partageant une expérience similaire. Éclairage pour l’entourage d’un malade taiseux. Ces deux journalistes-malades deviennent alors des référents de vie d’anonymes. Face à une maladie qui touche l’esprit autant que le corps, l’écriture ne pourrait-elle pas devenir une thérapie efficace contre le sentiment d’incommunicabilité ?
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